NF EN ISO 9606 — la norme de référence pour la qualification des soudeurs en soudage par fusion. Elle définit comment qualifier un soudeur, sur quels critères, pour quels domaines de validité, et comment maintenir sa certification dans le temps. Sans elle, pas de soudage conforme en fabrication d'équipements sous pression (DESP), de structures métalliques (EN 1090), de chaudronnerie ou de tuyauterie industrielle.
Ce guide vous donne la lecture complète du système de classification : codification, variables essentielles, tableaux de domaine, durées de validité, exemples concrets et cas particuliers. Un contenu de niveau expert, à jour des dernières révisions 2025-2026.
- Pourquoi qualifier les soudeurs ?
- La famille ISO 9606 : parties 1 à 5
- Les 8 variables essentielles de qualification
- Système de désignation (codification)
- Domaines de validité détaillés
- L'épreuve pratique de qualification
- Durée de validité et maintien
- Exemples commentés de certificats
- EN 287-1 vs ISO 9606-1 : les différences clés
- Lien avec EN 1090, DESP et autres normes
- Stratégie de qualification pour l'entreprise
- Questions fréquentes
1. Pourquoi qualifier les soudeurs ?
La qualification d'un soudeur ne se limite pas à un diplôme. C'est la preuve objective que l'opérateur maîtrise le geste technique pour un procédé, une position, un matériau et une épaisseur donnés. L'épreuve pratique évalue l'aptitude du soudeur à guider manuellement l'électrode, la torche ou le chalumeau pour produire une soudure conforme au niveau de qualité B de la NF EN ISO 5817.
Pour le soudeur, la qualification est un passeport professionnel qui atteste de sa compétence et lui permet d'accéder aux marchés réglementés : nucléaire (RCC-M), aéronautique, pétrochimie, construction métallique.
Pour l'employeur, c'est une exigence légale et un outil de maîtrise de la qualité. Un soudeur non qualifié expose l'entreprise à des non-conformités, des reprises coûteuses et des risques de sinistre.
2. La famille ISO 9606 : parties 1 à 5
La norme ISO 9606 couvre la qualification des soudeurs par fusion pour cinq familles de matériaux :
| Partie | Matériaux | Dernière édition | Statut 2025-2026 |
|---|---|---|---|
| ISO 9606-1 | Aciers (carbone, alliés, inoxydables) | 2012 (+ Cor 1:2012, Cor 2:2013) | En cours de révision (projet 2024) |
| ISO 9606-2 | Aluminium et alliages d'aluminium | 2004 | En cours de révision |
| ISO 9606-3 | Cuivre et alliages de cuivre | 1999 | En cours de révision |
| ISO 9606-4 | Nickel et alliages de nickel | 1999 | En cours de révision |
| ISO 9606-5 | Titane, zirconium et leurs alliages | 2000 | En cours de révision |
La NF EN ISO 9606-1:2017 (indice AFNOR NF A88-110-1) est la version française en vigueur pour les aciers. Elle a remplacé l'ancienne NF EN 287-1 depuis octobre 2015 (période de coexistence). Les certificats délivrés sous EN 287-1 restent valables jusqu'à leur date d'expiration, mais tout nouveau certificat est délivré sous ISO 9606-1.
3. Les 8 variables essentielles de qualification
La qualification repose sur 8 variables essentielles. Pour chacune, un domaine de validité est défini. Si le soudeur doit souder en dehors de ce domaine, une nouvelle qualification est nécessaire.
| # | Variable essentielle | Symbole | Impact sur le domaine |
|---|---|---|---|
| 1 | Procédé(s) de soudage | 141, 135, 111… | Un essai qualifie un seul procédé (sauf exceptions : 135 ↔ 138, 141/143/145) |
| 2 | Type de produit | P (tôle/plaque) ou T (tube) | Les tubes D > 25 mm couvrent les plaques ; les plaques couvrent les tubes D ≥ 500 mm |
| 3 | Type d'assemblage | BW (bout à bout) ou FW (angle) | BW ne couvre pas FW, sauf essai complémentaire (5.4.e) |
| 4 | Groupe de métal d'apport | FM1…FM11 (ISO/TR 15608) | Tableau de correspondance : l'inox (FM8) couvre l'acier carbone (FM1) |
| 5 | Type de métal d'apport | S, M, B, R, P, V, W, Y, Z… | Selon la nature du consommable (fil plein, fourré, enrobage…) |
| 6 | Épaisseur déposée (s) / diamètre (D) | s en mm, D en mm | s < 3 mm → 0,5s à 2s ; s ≥ 12 mm → illimité ; D > 25 mm → ≥ 0,5D |
| 7 | Position de soudage | PA, PB, PC, PD, PE, PF, PG, H-L045 | Tableau de correspondance : PF couvre PA, PB, PC, PD, PE |
| 8 | Détails de soudure | ss/nb, ss/mb, bs, sl/ml… | ss/nb couvre ss/mb et bs ; bs ne couvre pas ss/nb |
3.1. Procédés de soudage (ISO 4063)
Les numéros de procédé suivent la classification de l'ISO 4063 :
| Code ISO 4063 | Procédé | Dénomination courante |
|---|---|---|
| 111 | Soudage à l'arc avec électrode enrobée | MMA / Stick |
| 114 | Soudage à l'arc avec électrode enrobée — fil fourré autoprotégé | FCAW-S |
| 121 | Soudage à l'arc sous flux avec fil plein | SAW fil plein |
| 125 | Soudage à l'arc sous flux avec fil fourré | SAW fil fourré |
| 131 | Soudage MIG en mode court-circuit | MIG dip transfer |
| 135 | Soudage MAG avec fil plein (gaz actif) | MAG solid wire |
| 136 | Soudage MAG avec fil fourré (gaz actif) | MAG flux cored (FCAW) |
| 138 | Soudage MAG avec fil fourré métallique (gaz actif) | MAG metal cored |
| 141 | Soudage TIG | TIG (GTAW) |
| 142 | Soudage TIG avec fil d'apport chaud | Hot wire TIG |
| 143 | Soudage TIG orbital avec fil plein | Orbital TIG solid |
| 145 | Soudage TIG orbital avec fil fourré | Orbital TIG cored |
| 15 | Soudage plasma | PAW |
| 311 | Soudage oxyacétylénique | OA / gaz |
• Le procédé 135 (fil plein) qualifie le 138 (fil fourré métallique) et vice versa.
• Les procédés TIG 141, 143 et 145 qualifient les procédés 141, 142, 143 et 145.
• Le procédé 142 (hot wire TIG) ne qualifie que lui-même.
• Une qualification en mode de transfert par court-circuit (131, 135, 138) qualifie les autres modes de transfert, mais pas l'inverse.
• Le soudage plasma (15) sans métal d'apport ne qualifie pas le soudage plasma avec métal d'apport, et vice versa.
3.2. Groupes de métaux d'apport (ISO/TR 15608)
Les matériaux de base sont classés par groupes selon l'ISO/TR 15608. Le groupe indiqué sur le certificat est celui du métal d'apport utilisé lors de l'essai :
| Groupe | Désignation | Exemples de nuances |
|---|---|---|
| FM1 | Aciers non alliés et aciers fin à grains (Re < 460 MPa) | S235, S275, S355 |
| FM2 | Aciers non alliés et aciers fin à grains (Re ≥ 460 MPa) | S460, P460 |
| FM3 | Aciers faiblement alliés (Re < 360 MPa) | P265GH, 16Mo3 |
| FM4 | Aciers faiblement alliés (Re ≥ 360 MPa) | 13CrMo4-5, 10CrMo9-10 |
| FM5 | Aciers alliés résistant au fluage (Creep resisting) | — |
| FM6 | Aciers inoxydables martensitiques | X12Cr13 (410) |
| FM7 | Aciers inoxydables austénitiques | 304L, 316L, 321 |
| FM8 | Aciers inoxydables austéno-ferritiques (Duplex) | 2205, 2507 |
| FM9 | Aciers ferritiques/austénitiques (Re < 360 MPa) | — |
| FM10 | Aciers trempés revenus (Re ≥ 690 MPa) | — |
| FM11 | Aciers inoxydables ferritiques | X6Cr17 (430) |
4. Système de désignation (codification)
Chaque qualification est identifiée par une chaîne de caractères normalisée qui résume l'intégralité des variables essentielles. Voici la structure complète :
Structure de la désignation
Avec :
- AAAA — Procédé (ex: 135, 141, 111)
- BB — Type de produit (P = tôle, T = tube)
- CC — Type d'assemblage (BW = bout à bout, FW = angle)
- DD — Groupe de métal d'apport (1.1, 1.2, 8…)
- EE — Type de métal d'apport (S, M, B, R, wm…)
- FF — Épaisseur déposée s en mm (ex: t03, t12)
- GG — Diamètre extérieur D en mm, pour tube uniquement (ex: D168)
- HH — Position de soudage (PA, PF, H-L045…)
- II — Détails de soudure (ss/nb, bs, ml…)
4.1. Exemples commentés
Exemple 1 : Soudure TIG sur tube inox en position H-L045
Décodage :
- 141 = soudage TIG
- T = tube
- BW = assemblage bout à bout
- 8 = métal d'apport groupe FM8 (acier inoxydable austénitique)
- S = fil électrode plein (solid)
- t03 = épaisseur déposée 3 mm
- D168 = tube Ø 168 mm
- H-L045 = tube incliné à 45°, fixe, montante
- ss,nb = soudure d'un seul côté, sans support envers
Domaine de validité obtenu : Tous les aciers avec apport inoxydable, épaisseur 3 à 6 mm, tubes D ≥ 84 mm et tôles, toutes positions (H-L045 couvre toutes les positions tube).
Exemple 2 : Soudage MAG fil plein sur tôle épaisse en position PA
Décodage :
- 135 = soudage MAG avec fil plein
- P = tôle (plaque)
- BW = bout à bout
- 1.1 = métal d'apport groupe FM1 (acier non allié)
- S = fil plein
- t12 = épaisseur déposée 12 mm
- PA = position à plat
- ml = multicouche
- bs = soudure des deux côtés (both sides)
Domaine de validité : Aciers FM1, épaisseur ≥ 3 mm à illimitée (s ≥ 12 mm), positions PA, PB, PC. Le multicouche couvre aussi le monocouche.
Exemple 3 : Soudure d'angle à l'électrode enrobée
Décodage :
- 111 = électrode enrobée (MMA)
- P = tôle
- FW = soudure d'angle (fillet weld)
- 2 = groupe FM2 (acier non allié Re ≥ 460 MPa)
- R = électrode rutile (enrobage rutile)
- t15 = épaisseur 15 mm
- PD = position horizontale (angle)
- ml = multicouche
5. Domaines de validité détaillés
5.1. Type de produit (plaque vs tube)
| Essai de qualification sur | Domaine de validité |
|---|---|
| Tube D > 25 mm | Tubes D ≥ 0,5D (min 25 mm) + toutes tôles |
| Tube D ≤ 25 mm | Tubes D à 2D |
| Tôle (plaque) | Tôles + tubes D ≥ 500 mm (toutes positions) Tôles + tubes D ≥ 150 mm (positions PA, PB, PC) |
5.2. Épaisseur déposée (s) — soudure bout à bout
| Épaisseur déposée s de l'essai | Domaine de validité |
|---|---|
| s < 3 mm | 0,5 × s à 2 × s |
| 3 mm ≤ s < 12 mm | 3 mm à 2 × s |
| s ≥ 12 mm | ≥ 3 mm (illimité en épaisseur) |
5.3. Diamètre extérieur (D) — soudure sur tube
| Diamètre extérieur D de l'essai | Domaine de validité |
|---|---|
| D ≤ 25 mm | D à 2 × D |
| D > 25 mm | ≥ 0,5 × D (minimum 25 mm) |
5.4. Positions de soudage
La correspondance entre positions est donnée par le tableau suivant (ISO 9606-1 §5.8) :
| Essai → | PA | PB* | PC | PD* | PE | PF (pl.) | PF (tub.) | PG (pl.) | PG (tub.) | H-L045 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| PA | X | X | — | — | — | — | — | — | — | — |
| PB* | X | X | — | — | — | — | — | — | — | — |
| PC | X | X | X | — | — | — | — | — | — | — |
| PD* | X | X | X | X | X | X | — | — | — | — |
| PE | X | X | X | X | X | X | — | — | — | — |
| PF (plaque) | X | X | — | — | — | X | — | — | — | — |
| PF (tube) | X | X | — | X | X | X | X | — | — | — |
| PG (plaque) | — | — | — | — | — | — | — | X | — | — |
| PG (tube) | X | X | — | X | X | — | — | — | X | — |
| H-L045 | X | X | X | X | X | X | X | — | — | X |
* PB et PD concernent uniquement les soudures d'angle.
5.5. Détails de soudure (support envers, nombre de passes)
| Essai | ss/nb | ss/mb | ss/gb | bs | ci |
|---|---|---|---|---|---|
| ss/nb (sans support, sans gaz) | X | X | X | X | — |
| ss/mb (avec support matériel) | — | X | — | X | — |
| ss/gb (avec gaz de protection envers) | — | — | X | — | — |
| bs (soudure des deux côtés) | — | X | — | X | — |
| ci (insert consommable) | — | — | — | — | X |
Pour le nombre de passes :
- Multicouche (ml) qualifie le monocouche (sl), mais pas l'inverse.
- Toujours qualifier en multicouche pour couvrir les deux cas.
6. L'épreuve pratique de qualification
6.1. Déroulement
Préparation
Le soudeur reçoit un Descriptif de Mode Opératoire de Soudage (DMOS) ou WPS qui définit les paramètres : préparation des bords, métaux d'apport, gaz, réglages, séquence de soudage.
Réalisation de l'assemblage d'essai
Le soudeur réalise une ou plusieurs éprouvettes selon les dimensions et configurations définies par la norme (Tableaux 9 à 13 de l'ISO 9606-1).
Examens non destructifs (END)
- Examen visuel (100 % du cordon) — critères qualité B de l'ISO 5817
- Radiographie ou ultrasons (100 % de la soudure) — pour assemblages bout à bout
- Ressuage ou magnétoscopie si requis par le DMOS
Essais destructifs
- Essais de pliage (face, envers, côté) — 2 à 4 éprouvettes selon l'épaisseur
- Macrographies (2 minimum) — pour soudures d'angle et examen de la pénétration
- Essai de traction sur soudure bout à bout (si exigé)
Délivrance du certificat
Si tous les contrôles sont conformes au niveau de qualité B de l'ISO 5817 (exceptions listées dans l'ISO 9606-1 §7), le certificat est émis par l'organisme d'examen ou l'examinateur habilité.
6.2. Critères d'acceptation
Les défauts suivants sont contrôlés par rapport aux limites du niveau B (ISO 5817) :
| Type de défaut | Critère niveau B |
|---|---|
| Fissures | Aucune fissure autorisée |
| Soufflures | Diamètre max. 1 mm, pas de groupements |
| Inclusions de laitier | Longueur max. 0,3 × épaisseur ou 3 mm |
| Manque de fusion | Aucun manque de fusion autorisé |
| Caniveaux | Profondeur ≤ 0,5 mm (si t < 10 mm) ou ≤ 0,1 × t (si t ≥ 10 mm) |
| Surépaisseur excessive | Max. 10 % de la largeur du cordon (plafond 3 mm) |
| Excès de pénétration | Max. 3 mm |
| Défaut d'angle | Max. 2° |
7. Durée de validité et maintien
7.1. Cycle de vie d'un certificat
| Période | Action requise | Responsable |
|---|---|---|
| Jour 0 | Obtention du certificat après essai réussi | Organisme d'examen |
| Tous les 6 mois | Visa de confirmation de validité | Employeur / coordinateur soudage |
| 2 ans | Prolongation ou renouvellement | Organisme d'examen |
7.2. Confirmation semestrielle (visa 6 mois)
Tous les 6 mois, l'employeur ou le coordinateur en soudage doit visa le certificat pour confirmer que le soudeur :
- A réalisé au moins 2 soudures dans son domaine de validité sur les 6 derniers mois
- A fait l'objet d'un contrôle non destructif (radiographie ou ultrasons) pour les soudures bout à bout, ou d'un contrôle destructif pour les soudures d'angle, avec résultats conformes
- N'a pas eu d'interruption de travail de soudage de plus de 6 mois dans son domaine de validité
7.3. Prolongation à 2 ans
Tous les 2 ans, le certificat doit être prolongé par un organisme d'examen habilité, sur la base :
- Du dossier de suivi des 2 ans (visas semestriels + résultats de contrôles)
- OU d'un nouvel essai pratique si le dossier est insuffisant
La prolongation peut être accordée sans nouvel essai si le dossier démontre que le soudeur a travaillé en continu dans son domaine de validité avec des résultats conformes. Le certificat prolongé est valable pour une nouvelle période de 2 ans.
8. Exemples commentés de certificats
8.1. Cas concret 1 : Soudeur MAG en atelier de construction métallique
Contexte : Un soudeur travaille sur des poutres en acier S355 (groupe FM1) en atelier, soudage MAG fil plein (135), assemblages bout à bout et d'angle, épaisseurs de 5 à 30 mm, positions à plat (PA) et horizontale (PC).
Qualification optimale :
- Procédé 135 : MAG fil plein (couvre aussi 138)
- s = 12 mm : épaisseur illimitée dès 3 mm
- PA : couvre PA, PB, PC
- ml : multicouche couvre aussi monocouche
- bs : soudure des deux côtés
Pour les soudures d'angle, un essai complémentaire FW en position PA ou PC peut être ajouté pour étendre la qualification aux cordons d'angle.
Certificat complet pour cet exemple
8.2. Cas concret 2 : Soudeur TIG sur tube inox en tuyauterie industrielle
Contexte : Un soudeur qualifié sur tube inox 316L (FM7), procédé TIG (141), épaisseur 4 mm, diamètre 114 mm, position H-L045 (tube incliné 45°, fixe, soudage montant), sans gaz de protection envers (ss/nb).
Domaine de validité effectif :
- Tous les aciers avec métal d'apport inoxydable (FM1 à FM8)
- Épaisseur : 4 à 8 mm (2 × s)
- Tubes D ≥ 57 mm (0,5 × 114) et toutes tôles
- Toutes positions de soudage sur tube (grâce à H-L045)
- Soudure sans support envers, avec support matériel, avec gaz, ou des deux côtés
9. EN 287-1 vs ISO 9606-1 : les différences clés
| Critère | NF EN 287-1 (ancienne) | NF EN ISO 9606-1 (nouvelle) |
|---|---|---|
| Épaisseur | Basée sur l'épaisseur de la tôle (t) | Basée sur l'épaisseur de métal déposé (s) |
| Matériaux | Apport limité à quelques groupes | Alignée sur ISO/TR 15608 (groupes FM1 à FM11) |
| Transfert d'arc | Non spécifié | Le mode court-circuit qualifie les autres modes, pas l'inverse |
| Type de courant | Non spécifié | TIG (141) : changement CC ↔ CA nécessite requalification |
| Positions | Tableau simplifié | Tableau étendu (H-L045 introduit pour tube) |
| Désignation | EN 287-1,135,T,BW… | EN ISO 9606-1,135,T,BW… |
| Validité | 2 ans (reconduction sur dossier) | 2 ans + visa semestriel obligatoire |
| Prolongation | Possible sans essai | Possible sans essai si dossier complet |
10. Lien avec EN 1090, DESP et autres normes
10.1. EN 1090-2 (structures métalliques)
La norme d'exécution des structures en acier NF EN 1090-2 exige que tous les soudeurs soient qualifiés selon la NF EN ISO 9606-1 (ou NF EN ISO 9606-2 pour l'aluminium), et ce quelle que soit la classe d'exécution (EXC1 à EXC4). Cela inclut :
- Les soudeurs en atelier
- Les soudeurs sur site
- Les soudeurs intérimaires
- Les assembleurs (pointage)
10.2. DESP (Directive Équipements Sous Pression 2014/68/UE)
La DESP exige que les soudeurs intervenant sur des composants sous pression soient qualifiés selon une norme harmonisée. L'ISO 9606-1 est citée comme norme de référence pour la qualification du personnel. Les points spécifiques DESP :
- Catégories I à IV : exigence de qualification croissante
- Organisme notifié requis pour les catégories III et IV
- L'épaisseur minimale de qualification doit être adaptée à l'épaisseur de service
- Les assemblages bout à bout sont obligatoires pour la qualification DESP (sauf exceptions)
10.3. ISO 9712 (contrôle non destructif) et COFREND
Les examens non destructifs requis pour la qualification des soudeurs (radiographie, ultrasons) doivent être réalisés par du personnel qualifié selon l'ISO 9712 (niveau 2 minimum). En France, cela passe par une certification COFREND. Le coordinateur en soudage doit s'assurer que les inspecteurs END sont dûment certifiés.
10.4. NF EN ISO 15614 (qualification des modes opératoires)
La qualification du soudeur (ISO 9606) et la qualification du mode opératoire (ISO 15614) sont complémentaires mais distinctes :
- ISO 9606 : valide la compétence de l'homme (le geste, la dextérité)
- ISO 15614 : valide la recette (les paramètres, le DMOS/WPS)
Un soudeur qualifié ne dispense pas de qualifier le mode opératoire, et vice versa. Les deux sont requis pour une fabrication conforme.
11. Stratégie de qualification pour l'entreprise
11.1. Minimiser le nombre de certificats
Pour couvrir un maximum de situations de production avec un minimum d'épreuves :
11.2. Plan de qualification type (atelier CM / chaudronnerie)
| Profil soudeur | Essais recommandés | Domaine couvert |
|---|---|---|
| Soudeur MAG atelier (tôles épaisses) | 135/P/BW/1.1/S/t12/PA/ml/bs 135/P/FW/1.1/S/t12/PB/ml | BW + FW, aciers FM1, t ≥ 3 mm à illimité, positions PA/PB/PC |
| Soudeur TIG tuyauterie (inox, tubes) | 141/T/BW/7/S/t04/D114/H-L045/ss,nb | BW, aciers FM1-FM8, t 4-8 mm, tubes D ≥ 57 mm, toutes positions |
| Soudeur polyvalent (chantier) | 111/P/BW/1.1/R/t12/PF/ml/ss,nb 111/P/FW/1.1/R/t12/PD/ml | BW + FW, aciers FM1-FM2, t ≥ 3 mm à illimité, positions PA-PE (sauf PG) |
| Soudeur aluminium (MIG) | ISO 9606-2 : 131/P/BW/22/S/t12/PA/ml/bs | Aluminium, t ≥ 3 mm à illimité, PA/PB/PC |
12. Questions fréquentes
Questions fréquentes sur la NF EN ISO 9606
La principale différence est le passage de l'épaisseur de tôle (t) à l'épaisseur de métal déposé (s). L'ISO 9606-1 introduit également les modes de transfert d'arc, les groupes de matériaux selon l'ISO/TR 15608, la position H-L045 pour le tube, et le visa semestriel obligatoire. La norme EN 287-1 a été retirée en 2015 ; les certificats délivrés sous EN 287-1 restent valables jusqu'à leur expiration.
Non. La position PA (à plat) ne qualifie que les positions PA, PB et PC (et PD pour le tube en PF). Pour couvrir PF (montante), il faut soit une qualification directe en PF, soit en PE (correspondance partielle), soit en H-L045 pour le tube. Voir le tableau des domaines de validité (§5.4).
Oui, avec des correspondances définies dans l'ISO/TR 15608. Par exemple, une qualification avec métal d'apport de groupe 7 (inox austénitique) couvre les groupes 1 à 8. Une qualification en groupe 1.1 ne couvre que les groupes 1.1 et 1.2. La règle générale : les groupes « hauts » (plus alliés) couvrent les groupes « bas » (moins alliés) lorsqu'un métal d'apport compatible est utilisé.
Le certificat perd toute validité. Le soudeur doit alors repasser l'intégralité de l'épreuve de qualification. Aucun rattrapage ni reconstitution n'est possible. C'est la raison principale de non-conformité lors des audits EN 1090 ou DESP. Un logiciel de suivi des qualifications est fortement recommandé pour les entreprises de plus de 5 soudeurs.
Oui, si le diamètre extérieur du tube de l'essai est supérieur à 25 mm. Dans ce cas, la qualification couvre également les soudures sur plaques. Si l'essai a été réalisé sur tube D ≤ 25 mm, la qualification ne couvre que les tubes. Inversement, une qualification sur tôle couvre les tubes de D ≥ 500 mm (toutes positions) ou D ≥ 150 mm (positions PA, PB, PC).
Il faut que l'épaisseur de métal déposé (s) soit ≥ 12 mm. Dans ce cas, le domaine de validité est ≥ 3 mm (illimité en épaisseur). En dessous de 12 mm, le domaine est limité de 3 mm à 2 × s. Par exemple, s = 8 mm → domaine 3 à 16 mm. La qualification en multipasse est recommandée pour atteindre s ≥ 12 mm.
Oui. L'EN 1090-2 et l'ISO 9606-1 sont claires : tous les soudeurs et opérateurs soudeurs doivent être qualifiés, y compris pour les soudures de pointage. Les assembleurs qui réalisent des points de soudure avant soudage définitif doivent détenir un certificat de qualification valide dans le domaine correspondant.
Non. La qualification sur aciers (ISO 9606-1) ne couvre pas l'aluminium et ses alliages. Le soudage de l'aluminium est régi par l'ISO 9606-2 (partie 2). De même, le cuivre (partie 3), le nickel (partie 4) et le titane/zirconium (partie 5) ont leurs propres normes de qualification. La révision unique ISO/DIS 9606:2024 fusionnera ces cinq parties.
L'ISO 9606-1 est une norme internationale adoptée par le CEN (européen) et l'AFNOR (français). Un certificat délivré dans un pays ayant adopté la norme (Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne, etc.) est théoriquement valable dans toute l'Europe. En pratique, l'acceptation dépend de l'organisme d'examen et de l'auditeur. Il est recommandé de vérifier que le certificat mentionne explicitement la norme NF EN ISO 9606-1 et que l'organisme est accrédité. Pour les certificats hors UE, une évaluation par le coordinateur soudage est nécessaire — elle peut aboutir à une acceptation ou à une nouvelle qualification.
Les coûts 2025-2026 pour une qualification de soudeur (hors frais de déplacement) sont :
- Épreuve pratique (préparation, soudage) : 200 à 500 € selon la complexité
- Examens non destructifs (radiographie, ressuage) : 150 à 400 €
- Essais destructifs (pliage, macrographie, traction) : 300 à 600 €
- Certificat : 50 à 150 €
- Total par essai : 700 à 1 650 €
- Forfait « pack soudeur » (BW + FW, toutes positions) : 1 500 à 3 000 €
Le coût est à comparer au coût d'une non-conformité (reprise de soudure, arrêt de production, audit défavorable).
Guides complémentaires
Pour aller plus loin, consultez ces articles connexes :
| Risques liés à la soudure : Guide complet | Corrosion de l'Acier : Mécanismes et Prévention | Les 7 principes de l'ISO 9001 version 2015 expliqués simplement |