Sommaire
- Introduction : un procédé centenaire toujours incontournable
- Principes physiques du soudage à l'arc
- L'électrode enrobée : anatomie et fabrication
- Classification complète AWS vs EN des électrodes
- Types d'enrobage : rutile, basique, cellulosique, acide
- Paramètres de soudage : intensité, tension, vitesse
- Courant et polarité : DC vs AC, polarité directe et inversée
- Équipement de soudage : inverter, transformateur, redresseur
- Accessoires et EPI obligatoires pour le soudage à l'arc
- Préparation des joints et nettoyage
- Techniques de soudage de base
- Positions de soudage : PA à PE, techniques par position
- Soudage des matériaux spécifiques
- Défauts de soudage : causes, solutions et prévention
- Calcul de l'énergie de soudage et productivité
- Contrôle qualité et certification des soudeurs
- Réglementation et normes applicables
- Stockage, séchage et manipulation des électrodes
- Sécurité : risques électriques, fumées, UV, incendie
- Comparaison SAEE vs MIG/MAG vs TIG vs FCAW
- FAQ : les 30 questions les plus posées
- Liens utiles et ressources
1. Introduction : un procédé centenaire toujours incontournable
Le soudage à l'arc électrique avec électrode enrobée — désigné par les codes SAEE (France), MMA (Manual Metal Arc, Europe), SMAW (Shielded Metal Arc Welding, USA) ou procédé 111 (norme NF EN ISO 4063) — est le procédé de soudage manuel le plus répandu au monde. Inventé en 1904 par l'ingénieur suédois Oscar Kjellberg, fondateur d'ESAB, ce procédé fête plus d'un siècle d'existence et reste pourtant irremplaçable dans d'innombrables applications.
Pourquoi un procédé centenaire reste-t-il incontournable en 2026 ? La réponse tient en quatre mots : polyvalence, simplicité, robustesse, coût. Le soudage à l'électrode enrobée ne nécessite aucun gaz de protection (pas de bouteille à transporter), fonctionne en extérieur par vent fort, accepte les métaux rouillés ou sales, et l'investissement de départ est dérisoire comparé au MIG/MAG ou au TIG. Dans le BTP, la construction métallique, les chantiers navals, la maintenance industrielle et les pipelines, le procédé 111 reste le roi.
Chiffres clés 2026 :
- Plus de 60 % des soudures de charpente métallique dans le monde sont réalisées à l'électrode enrobée
- Température de l'arc : 3 200 °C à 5 500 °C selon l'intensité et le type d'électrode
- Plus de 200 types d'électrodes différents référencés en catalogue (normes AWS A5.1, A5.5, A5.4, A5.15, etc.)
- Un poste à souder inverter d'entrée de gamme coûte 80 à 200 € — le moins cher des procédés de soudage à l'arc
- Productivité moyenne : 1 à 3 kg d'apport par heure selon le diamètre et la position
- 18 000 formations certifiantes EN ISO 9606-1 délivrées par an en France
Ce guide de référence 2026 vous offre une couverture exhaustive du procédé SAEE, de la physique de l'arc à la certification des soudeurs, en passant par la classification complète des électrodes, le diagnostic des défauts et les aspects réglementaires. Il s'intègre dans une démarche plus large de prévention des risques professionnels et complète nos guides sur les EPI soudage et la classification des soudeurs.
2. Principes physiques du soudage à l'arc
Le soudage à l'arc à l'électrode enrobée repose sur un principe physique fondamental : un arc électrique jaillit entre l'âme métallique de l'électrode (portée au potentiel) et la pièce à souder (reliée à la masse). Cet arc génère une chaleur intense — de 3 200 °C à 5 500 °C — qui fait fondre simultanément l'extrémité de l'électrode et le métal de base, créant un bain de fusion commun.
Le circuit électrique de soudage
Le circuit se compose de :
- Générateur de courant (poste à souder) — fournit le courant de soudage (20 à 600 A selon les modèles)
- Porte-électrode (pince) — maintient l'électrode et conduit le courant jusqu'à son extrémité
- Électrode enrobée — conductrice (âme métallique) et consommable
- Pièce à souder — ferme le circuit électrique
- Câble de masse — relie la pièce au générateur, fermant la boucle
Caractéristiques de l'arc électrique
Les trois fonctions de l'enrobage
L'enrobage qui entoure l'âme métallique remplit trois rôles critiques :
- Rôle métallurgique : Protection du bain de fusion contre l'oxygène et l'azote de l'air par création d'un gaz de protection (CO₂, H₂O, N₂ selon l'enrobage). Le laitier formé protège le cordon en refroidissement et permet d'introduire des éléments d'alliage dans le bain.
- Rôle physique : L'enrobage fond plus lentement que l'âme métallique, créant un cratère qui guide l'arc et concentre la chaleur. Le doigt (extrémité de l'enrobage) permet de maintenir la distance d'arc optimale.
- Rôle électrique : Les éléments ionisants de l'enrobage (potassium, sodium, calcium) facilitent l'amorçage et stabilisent l'arc en abaissant le potentiel d'ionisation de la colonne d'air.
3. L'électrode enrobée : anatomie et fabrication
Une électrode enrobée est un consommable de soudage composé de deux parties distinctes :
Fabrication d'une électrode enrobée
Le processus de fabrication est un savant mélange de métallurgie et de chimie :
- Tréfilage : L'âme métallique (fil machine en acier) est tréfilée au diamètre souhaité (1,6 à 8 mm)
- Découpage : Les baguettes sont coupées à longueur standard (350 mm, 450 mm selon le diamètre)
- Préparation de l'enrobage : Mélange de minerais (rutile, silice, calcaire, dolomite), de ferro-alliages (ferro-manganèse, ferro-silicium) et de liants (silicate de sodium/potassium)
- Extrusion : L'enrobage est extrudé autour de l'âme métallique à une pression de 50–200 bars
- Séchage et cuisson : Passage en étuve à 100–400 °C selon le type d'enrobage pour éliminer l'humidité et polymériser le liant
- Marquage : Impression du code AWS/EN sur la baguette
- Conditionnement : Emballage sous vide ou en boîtes métalliques étanches (les basiques nécessitent une protection renforcée contre l'humidité)
4. Classification complète AWS vs EN des électrodes
Deux systèmes de classification coexistent pour les électrodes enrobées : le système AWS (American Welding Society) largement utilisé dans le monde, et le système EN/ISO (normes européennes). Comprendre ces deux codes est essentiel pour sélectionner l'électrode adaptée.
Le code AWS : décodage complet
Exemple : E 7018
- E = Électrode (Electrode)
- 70 = Résistance à la traction minimale = 70 000 psi (soit ≈ 490 MPa)
- 1 = Position de soudage (1 = toutes positions, 2 = plat/angle seulement)
- 8 = Type d'enrobage et polarité (8 = basique, poudre de fer, DC+/AC)
Le code EN ISO : décodage complet
Exemple : E 38 0 R 12 (selon EN ISO 2560)
- E = Électrode
- 38 = Résistance à la traction = 380 MPa
- 0 = Énergie de rupture (0 = ≥ 47 J à 0 °C, 2 = ≥ 27 J à −20 °C, 5 = ≥ 27 J à −50 °C)
- R = Type d'enrobage (R = rutile, B = basique, C = cellulosique, A = acide)
- 12 = Positions et polarité
Table de correspondance AWS → EN ISO
Classification par rendement
Le rendement d'une électrode est le rapport entre la masse de métal déposé et la masse d'âme métallique consommée :
- Standard : Rendement 90–110 % (ex. E6013, E7018 sans poudre de fer)
- Haut rendement : Rendement 130–160 % (ex. E7024, E7028 avec poudre de fer dans l'enrobage)
- Très haut rendement : Rendement > 200 % (électrodes spéciales à double enrobage)
5. Types d'enrobage : rutile, basique, cellulosique, acide
Le type d'enrobage est le critère de choix le plus important après le diamètre. Chaque enrobage confère des caractéristiques spécifiques au cordon de soudure, à l'arc et à la facilité d'utilisation.
Électrodes spéciales
Pour le choix des EPI de soudage adaptés à chaque type d'électrode, consultez notre guide dédié.
6. Paramètres de soudage : intensité, tension, vitesse
La maîtrise des paramètres de soudage est la clé d'un cordon de qualité. Trois paramètres principaux interagissent : l'intensité (I), la tension (U) et la vitesse d'avance (Vs).
Calcul de l'intensité de soudage
La formule empirique de référence, enseignée dans toutes les écoles de soudage :
I = 50 × (e − 1)
Où I = intensité en ampères (A) et e = diamètre de l'électrode en mm.
Calcul de la tension de soudage
La tension d'arc dépend de l'intensité et de la longueur d'arc :
U = 20 + (0,04 × I)
Ajustement des paramètres selon la position
Règle d'or : Une électrode qui colle → augmenter l'intensité de 10–15 A. Des projections excessives, un cordon plat avec manque de pénétration → réduire l'intensité de 10–15 A. L'arc doit produire un son de « friture » régulier, pas un crépitement irrégulier.
7. Courant et polarité : DC vs AC, polarité directe et inversée
Le choix du type de courant et de la polarité influence profondément la pénétration, la stabilité de l'arc et la qualité du cordon.
Quand utiliser chaque configuration
- DC+ (inversée) : 90 % des applications professionnelles. Utiliser pour : E7018, E6010, E6011, inox E308L/E316L, fonte ENi-CI. Pénétration maximale, arc stable, bon contrôle du bain.
- DC− (directe) : Réservé au rechargement dur (moins de dilution avec le métal de base), au soudage des tôles très fines (< 2 mm) et à certains types d'électrodes spécifiques (E6012).
- AC : Utilisé principalement avec des postes transformateur anciens (sans redressement). Fonctionne bien avec les électrodes rutile (E6013) et acide (E6012). Évite le soufflage magnétique sur les pièces à forte épaisseur. L'arc est moins stable qu'en DC.
Soufflage magnétique (arc blow)
Phénomène gênant où l'arc est dévié par le champ magnétique créé par le courant de soudage. Solutions :
- Passer en AC si possible
- Réduire l'intensité
- Placer la masse du côté opposé à l'arc (pour équilibrer le champ magnétique)
- Utiliser une électrode de plus petit diamètre
- Souder en direction de la masse
- Sur les angles et les bords de tôle, le soufflage est maximal — souder en s'éloignant du bord
8. Équipement de soudage : inverter, transformateur, redresseur
Fonctions avancées des postes inverter modernes
- Hot Start : Augmentation temporaire de l'intensité au démarrage (facilite l'amorçage). Réglable de 0 à +30 A.
- Arc Force : Augmentation automatique de l'intensité lorsque la tension d'arc chute (empêche le collage de l'électrode). Essentiel pour les électrodes basiques.
- Anti-Stick : Détection de collage → coupure de courant en 0,5 seconde. Protège l'électrode et le poste.
- Pulsation : Modulation de l'intensité à fréquence réglable (0,5–10 Hz). Utile pour le contrôle du bain en position verticale.
9. Accessoires et EPI obligatoires pour le soudage à l'arc
Le soudage à l'arc expose à des risques graves : rayonnement UV/IR, projections de métal en fusion, brûlures, électrocution, fumées toxiques. Les EPI de soudage sont régis par la norme NF EN ISO 11611 (vêtements de protection pour soudage) et NF EN 175 (protection des yeux et du visage).
Accessoires indispensables
- Porte-électrode (pince) : Capacité 200–400 A, isolation renforcée, mâchoires cuivre
- Pince de masse : Capacité 200–600 A, connexion par ressort ou vis, câble en cuivre souple 25–50 mm²
- Marteau à piquer : Broyage du laitier après refroidissement
- Brosse métallique : Inox (pour acier inoxydable) ou acier doux
- Meuleuse d'angle : Préparation des bords et finition des cordons
- Étuve à électrodes : Stockage et séchage (obligatoire pour basiques)
- Écrans ou rideaux de protection : Protection des tiers contre rayonnement et projections
- Extracteur de fumées : Obligatoire en local confiné (Décret 2024 sur la ventilation des ateliers)
Consultez notre guide sur les risques du soudage et leur prévention pour plus de détails. Pour la protection incendie, voir aussi notre guide extincteur maintenance périodicité.
10. Préparation des joints et nettoyage
La qualité d'une soudure dépend pour 50 % de la préparation du joint. Un joint mal préparé rend toutes les compétences du soudeur vaines.
Nettoyage pré-soudage
- Calaminage (rouille) : Meulage ou brossage jusqu'au métal blanc (acier) ou gris clair (fonte)
- Peinture, graisse, huile : Décapage chimique ou thermique + brossage
- Humidité : Chauffage au chalumeau à 100–150 °C (préchauffage si température ambiante < 5 °C)
- Traitement de surface (galvanisation) : Meulage complet du zinc à 5–10 cm de part et d'autre du joint (risque de fissuration par le zinc)
- Nettoyage entre passes : brossage + piquage du laitier obligatoire avant chaque passe
11. Techniques de soudage de base
Amorçage de l'arc
Deux méthodes existent :
- Grattage (scratch start) : Frotter l'extrémité de l'électrode sur la pièce comme une allumette. Méthode la plus courante, idéale pour les débutants et les électrodes rutile.
- Tapotement (tapping) : Taper l'extrémité de l'électrode sur la pièce en un mouvement sec. Méthode recommandée pour les électrodes basiques (E7018) pour éviter les inclusions de laitier au démarrage.
Maintien de l'arc
Une fois l'arc amorcé, maintenir une distance constante entre l'extrémité de l'électrode et la pièce. La distance idéale est approximativement égale au diamètre de l'électrode (soit 2,5 mm pour une électrode de 2,5 mm).
Indices sonores : Un arc correct produit un son régulier de « friture » (comme un œuf au plat). Un arc trop long crépite et projette. Un arc trop court produit un bourdonnement sourd et l'électrode colle.
Déplacement et angle de l'électrode
- Angle de traînée : Électrode inclinée de 60–70° par rapport à la pièce, dans le sens de la progression
- Angle de travail : 90° par rapport à l'axe du joint (ajuster de 5–10° pour corriger la pénétration)
- Vitesse d'avance : Constante, ni trop rapide (cordon bombé, manque de largeur) ni trop lente (cordon large, perforation)
Techniques de balayage
12. Positions de soudage : PA à PE, techniques par position
Les positions de soudage sont définies par la norme NF EN ISO 6947. Le soudage à l'électrode enrobée est réalisable dans toutes les positions, mais chaque position impose des ajustements de paramètres et de technique.
Techniques par position
Verticale montante (PF) : La technique la plus exigeante. Réduire l'intensité de 15–20 %. Utiliser un balancement triangulaire : monter au centre, s'arrêter sur les bords pour laisser le bain se figer. Ne pas remonter trop vite (risque de coulure).
Verticale descendante (PG) : Plus rapide que la montante. Utiliser des électrodes cellulosique (E6010/E6011) de petit diamètre (2,5–3,2 mm). Cordon droit rapide, ne pas osciller.
Plafond (PE) : Réduire l'intensité de 20–25 %. Utiliser le plus petit diamètre possible. Arc très court. Cordon droit ou balancement très serré. Le bain a tendance à tomber — la tension superficielle du métal liquide le retient.
13. Soudage des matériaux spécifiques
Pour les aspects réglementaires de la certification des soudeurs selon NF EN ISO 9606-1, consultez notre guide dédié.
14. Défauts de soudage : causes, solutions et prévention
Les défauts de soudage sont classés par la norme NF EN ISO 5817 (niveaux de qualité B, C, D). Voici les 15 défauts les plus courants, leurs causes et leurs solutions.
15. Calcul de l'énergie de soudage et productivité
Énergie de soudage (apport thermique)
L'énergie de soudage est le paramètre clé pour contrôler les propriétés mécaniques du joint et la zone affectée thermiquement (ZAT).
E = (60 × U × I) / (1000 × Vs)
Où : E = énergie en kJ/cm, U = tension en V, I = intensité en A, Vs = vitesse de soudage en cm/min.
Productivité et rendement
Note : Le rendement réel dépend du type d'électrode (standard 90–110 %, haut rendement 130–160 %), de la position de soudage (perte de 10–30 % en vertical/plafond) et de l'habileté du soudeur.
16. Contrôle qualité et certification des soudeurs
La qualité des soudures réalisées à l'électrode enrobée est encadrée par un ensemble de normes et de contrôles :
Contrôle non destructif (CND) des soudures
Certification des soudeurs NF EN ISO 9606-1
Tout soudeur professionnel intervenant sur des ouvrages soumis à réglementation doit être certifié selon la norme NF EN ISO 9606-1. L'épreuve de certification consiste en :
- Une éprouvette de soudage sur tôle ou tube selon le domaine d'activité
- Des contrôles : visuel, radiographie ou ultrasons, essais mécaniques (traction, pliage)
- Des interrogations sur les connaissances théoriques (procédé, sécurité, normes)
La certification est délivrée par un organisme tierce partie (Bureau Veritas, Apave, Socotec, CETIM, etc.). Validité : 2 ans (maintien par production suivie), reconduction totale tous les 3 ans (ou 6 mois sans production).
Consultez notre guide complet sur la classification des soudeurs NF EN ISO 9606 pour tous les détails sur les domaines de validité, les épreuves et la reconduction.
17. Réglementation et normes applicables
Pour la gestion de la sécurité en entreprise et la prévention des risques professionnels, consultez nos guides complémentaires.
18. Stockage, séchage et manipulation des électrodes
L'humidité est l'ennemi numéro 1 des électrodes enrobées.
Une électrode humide produit : porosité, sifflement, arc instable, fissuration par l'hydrogène. Chaque type d'électrode a des exigences de stockage différentes.
Règles de gestion des électrodes en atelier
- Règle des 4 heures : Une fois sorties de l'étuve, les électrodes basiques doivent être utilisées dans les 4 heures (à l'air libre) ou stockées dans une étuve portative à 100–150 °C
- Réétuvage unique : Ne pas réétuver une électrode plus d'une fois (dégradation de l'enrobage)
- Pas de réétuvage pour le cellulosique : La cellulose se décompose à la cuisson → l'électrode perd ses propriétés
- Test de l'humidité : Une électrode humide produit un sifflement caractéristique à l'amorçage et des crépitements irréguliers
- Détection par aspect : Enrobage qui se fissure, aspect « pelucheux » ou taches blanches (carbonatation des basiques)
19. Sécurité : risques électriques, fumées, UV, incendie
Le soudage à l'arc à l'électrode enrobée présente des risques spécifiques qu'il est impératif de maîtriser. Voir notre guide complet sur les risques du soudage.
Permis feu et sécurité incendie
Dans les environnements industriels et les ERP, le soudage à l'arc est soumis à la délivrance d'un permis feu (arrêté du 4 juin 2024). Ce document décrit :
- La zone de travail et les risques environnants
- Les mesures de prévention (extincteur, écrans, surveillance)
- La durée de validité du permis
- La vérification post-intervention (surveillance de la zone 1 heure après la fin des opérations)
- Les consignes en cas d'incendie
Voir notre guide sur les extincteurs et leur maintenance pour la protection incendie.
20. Comparaison SAEE vs MIG/MAG vs TIG vs FCAW
Quand choisir le SAEE en 2026 ?
- En extérieur ou sur chantier : Le SAEE ne craint pas le vent, la pluie, le froid. Incomparable pour le BTP
- Pour les réparations : Sur métal rouillé, peint, humide, difficile d'accès — le SAEE pardonne
- Pour les petites séries : Pas de réglage de gaz, pas de dévidoir — prêt en 30 secondes
- Pour les positions difficiles : L'électrode enrobée se manipule dans tous les angles (sauf plafond)
- À petit budget : Le SAEE est le procédé d'entrée de gamme le plus économique
Consultez nos guides sur l'analyse des risques sur chantier et la sécurité chantier charpente pour compléter votre démarche de prévention.
21. FAQ : les 30 questions les plus posées
Généralités et principe
- Q1 : Quelle est la différence entre SAEE, MMA, SMAW et procédé 111 ? C'est la même chose. SAEE (Soudage à l'Arc à l'Électrode Enrobée) est le terme français. MMA (Manual Metal Arc) est le terme européen. SMAW (Shielded Metal Arc Welding) est le terme américain. Le chiffre 111 est le code du procédé dans la norme NF EN ISO 4063.
- Q2 : Quelle température atteint l'arc électrique en soudage ? L'arc atteint des températures comprises entre 3 200 °C et 5 500 °C, selon l'intensité, la nature de l'enrobage et la tension d'arc. À titre de comparaison, l'acier fond à 1 450–1 530 °C.
- Q3 : Qui a inventé le soudage à l'arc à l'électrode enrobée ? L'ingénieur suédois Oscar Kjellberg en 1904. Il fondera la société ESAB (Elektriska Svetsningsaktiebolaget), aujourd'hui l'un des leaders mondiaux du soudage.
- Q4 : Le SAEE utilise-t-il du gaz de protection ? Non, le gaz de protection est produit par la combustion de l'enrobage (CO₂, H₂O, N₂). C'est ce qui rend le procédé si pratique en extérieur : pas de bouteille à transporter, pas de risque que le vent disperse le gaz.
- Q5 : Peut-on souder tous les métaux à l'électrode enrobée ? L'acier doux et l'acier de construction sont les plus faciles. L'inox (électrodes E308L/E316L) et la fonte (ENi-CI/ENiFe-CI) sont possibles avec les bonnes électrodes. L'aluminium n'est pas recommandé au SAEE (préférer TIG ou MIG).
Choix des électrodes
- Q6 : Quelle électrode choisir pour débuter ? L'E6013 (EN: E 38 0 R 12) en Ø 2,5 mm sur acier doux de 3 à 5 mm d'épaisseur. Elle pardonne les erreurs d'amorçage, produit peu de projections, et son laitier se retire facilement.
- Q7 : Quelle est la différence entre E6013 et E7018 ? L'E6013 (rutile) est facile à utiliser, idéale pour le bricolage, avec une résistance de 430 MPa. L'E7018 (basique) est plus exigeante (étuvage obligatoire) mais offre une résistance de 490 MPa, une excellente ténacité à basse température (−20 °C) et une pénétration profonde.
- Q8 : Que signifient les chiffres dans E7018 ? E = Electrode, 70 = 70 000 psi de résistance à la traction (≈ 490 MPa), 1 = soudable en toutes positions, 8 = enrobage basique avec poudre de fer, polarité DC+ ou AC.
- Q9 : Puis-je utiliser une électrode E6013 à la place d'une E7018 ? Non, si une soudure est dimensionnée pour une résistance de 490 MPa (E7018), remplacer par E6013 (430 MPa) affaiblit le joint. Pour les usages non structuraux (bricolage, réparation non critique), le remplacement est acceptable.
- Q10 : Quelle électrode pour souder l'inox ? E308L-16 pour l'inox 304/304L. E316L-16 pour l'inox 316/316L (résistance à la corrosion améliorée). Électrodes rutile, faciles à utiliser, nécessitant un stockage au sec.
- Q11 : Quel diamètre d'électrode pour quelle épaisseur de tôle ? Règle générale : Ø électrode ≤ épaisseur de la tôle. Exemple : tôle de 3 mm → Ø 2,5 mm. Tôle de 5 mm → Ø 3,2 mm. Tôle de 10 mm → Ø 4,0 mm. Pour la passe racine, utiliser Ø 2,5 mm même sur tôle épaisse.
- Q12 : Les électrodes se périment-elles ? Oui, surtout les électrodes basiques (E7018) qui s'humidifient. Une boîte d'électrodes ouverte depuis plus de 6 mois dans un atelier non climatisé est suspecte. Les électrodes rutile (E6013) se conservent mieux (1 à 2 ans si stockées au sec).
Paramètres et réglages
- Q13 : Comment régler l'intensité de son poste à souder ? Utiliser la formule I = 50 × (Ø − 1). Exemple pour Ø 3,2 mm : I = 50 × (3,2 − 1) = 110 A. Ajuster de ±10 A selon la position et l'épaisseur.
- Q14 : Pourquoi mon électrode colle à la pièce ? Causes possibles : intensité trop faible (augmenter de 10–15 A), amorçage mal exécuté, humidité de l'électrode, poste sans fonction hot start.
- Q15 : Quelle est la bonne longueur d'arc ? Environ égale au diamètre de l'électrode. Soit 2,5 mm pour une Ø 2,5. L'arc correct produit un son régulier de « friture ».
- Q16 : Quelle est la différence entre polarité directe et inversée ? DC+ (inversée) : électrode au positif → pénétration profonde, recommandé pour E7018, E6010. DC− (directe) : électrode au négatif → pénétration faible, utilisé pour rechargement et tôles fines.
- Q17 : Pourquoi mon arc dévie (soufflage magnétique) ? C'est le soufflage magnétique causé par un champ magnétique déséquilibré. Solutions : réduire l'intensité, déplacer la masse près de la zone de soudage, souder vers la masse, ou passer en courant alternatif (AC).
- Q18 : Peut-on souder en DC avec un poste AC ? Non, un poste transformateur AC ne produit que du courant alternatif. Un poste inverter AC/DC permet de choisir. Les électrodes rutile (E6013) fonctionnent en AC. Les basiques (E7018) et cellulosiques (E6010) nécessitent DC+.
Technique et qualité
- Q19 : Comment éviter les projections excessives ? Raccourcir l'arc, réduire l'intensité de 10 A, vérifier que les électrodes sont sèches, utiliser un anti-projections en spray.
- Q20 : Pourquoi mon cordon est poreux (trous) ? Causes : électrodes humides (étuver 2 h à 300 °C pour les basiques), pièce sale ou humide, arc trop long, courant trop faible, vent forçant la convection du gaz de protection.
- Q21 : Comment enlever le laitier facilement ? Utiliser un marteau à piquer (pas un burin). Si le laitier n'est pas retiré facilement, le refroidissement était trop lent ou l'enrobage inadapté. Les électrodes rutile ont un laitier qui se décolle tout seul, les basiques nécessitent un piquage plus vigoureux.
- Q22 : Comment faire une soudure verticale montante ? Réduire l'intensité de 15–20 %. Utiliser un balancement triangulaire : monter au centre, s'arrêter sur chaque bord pour figer le bain. Électrode légèrement inclinée vers le haut (80°). Arc court.
- Q23 : Quelle est la différence entre soudure verticale montante et descendante ? Verticale montante (PF) : plus lente, meilleure pénétration, pour les applications structurales (charpente, pipeline). Verticale descendante (PG) : plus rapide, moins de pénétration, pour tôles fines (carrosserie, bardage).
- Q24 : Combien de passes pour une tôle de 10 mm ? En chanfrein V 60° : passe racine (Ø 2,5 ou 3,2 mm) + 2 passes de remplissage (Ø 4,0 mm) + 1 passe de finition (Ø 3,2 ou 4,0 mm). Soit 4 passes.
- Q25 : Faut-il préchauffer avant de souder ? Pour l'acier doux : non sauf si épaisseur > 25 mm, température ambiante < 5 °C, ou présence d'humidité. Pour la fonte : oui (200–300 °C). Pour l'inox : non recommandé. Pour les aciers trempés : oui (selon l'équivalent carbone).
Sécurité et réglementation
- Q26 : Quels sont les risques du soudage à l'arc ? Brûlures par rayonnement UV et projections, électrocution (tension à vide 60–80 V), inhalation de fumées toxiques (chrome hexavalent, nickel, manganèse), incendie, bruit (surtout meulage).
- Q27 : Quel masque de soudure choisir pour le SAEE ? Un masque auto-obscurcissant (teinte variable 9–13, DIN 379) avec cellules solaires. La teinte varie avec l'intensité : teinte 9–10 pour I < 80 A, teinte 10–11 pour 80–150 A, teinte 11–12 pour 150–250 A, teinte 12–13 pour > 250 A.
- Q28 : Quelles sont les VLEP pour les fumées de soudage ? Décret 2024-1165 : chrome hexavalent (Cr VI) = 0,001 mg/m³, nickel = 0,05 mg/m³, manganèse = 0,05 mg/m³, fer = 5 mg/m³, fumées totales = 5 mg/m³. Nécessite une extraction à la source et un contrôle périodique.
- Q29 : Un particulier peut-il souder à l'arc chez lui ? Oui, sans réglementation spécifique pour le particulier (hors ERP). Obligations de sécurité : ne pas souder à proximité de matériaux inflammables, ventiler, porter des EPI, ne pas souder seul en cas de chute. Dans les parties communes d'immeuble, un permis feu peut être exigé.
- Q30 : Quelle est la différence entre certification et diplôme de soudeur ? La certification NF EN ISO 9606-1 atteste de la compétence du soudeur sur un procédé/domaine spécifique pour une durée de 2 ans. Le diplôme (CAP, BAC Pro, BTS) est un niveau de formation initiale. Un diplôme sans certification ne permet pas de souder sur des ouvrages réglementés (équipements sous pression, structures métalliques certifiées).
22. Liens utiles et ressources
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À propos de ce Guide
Ce guide a été rédigé par des experts en soudage et en prévention des risques professionnels, à jour des normes NF EN ISO en vigueur en juin 2026.
Il est régulièrement mis à jour pour refléter les évolutions normatives et réglementaires.
Dernière mise à jour : Juin 2026